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Papier calandré : l’objet du quotidien qui cache 1 principe clé de la physique

Papier calandré

Le papier calandré finit souvent par devenir quelque chose d’aussi petit qu’une caissette à muffin, le genre d’objet que l’on froisse et que l’on jette sans y penser. Pourtant, derrière cette simple feuille de papier se cache une véritable étude de cas en mécanique, en ingénierie et en science des matériaux.

Le papier ingraissable : une définition précise

Soyons précis dès le départ : cet article traite du papier ingraissable tel qu’il est utilisé dans les emballages industriels pour la boulangerie-pâtisserie. Le même terme peut être employé dans d’autres secteurs avec des significations techniques différentes ; nous choisissons donc volontairement de nous concentrer sur cette application spécifique.

Dans le monde de la boulangerie, le papier ingraissable est avant tout apprécié pour une propriété essentielle : sa capacité à empêcher la pénétration des huiles et des graisses. C’est cette caractéristique qui lui permet d’envelopper, de recouvrir et de contenir des aliments gras ou huileux sans devenir translucide, humide ou perdre sa résistance.

Deux voies pour parvenir au même résultat

Le papier ne devient pas ingraissable par hasard. Les fabricants peuvent obtenir cette propriété grâce à deux approches : un traitement chimique ou un traitement mécanique. Nous avons déjà abordé l’aspect chimique (les PFAS et les solutions sans PFAS) dans un article précédent. Cette fois, nous nous intéressons à la voie mécanique : le calandrage.

Grâce à ce procédé, la structure du papier est modifiée sans recourir à des revêtements ni à des additifs chimiques, ce qui améliore sa capacité à résister à la pénétration des graisses et des huiles. Voilà comment naît le papier calandré.

Au cœur du processus de calandrage

Le calandrage revient, en quelque sorte, à faire subir un entraînement intensif au papier. La feuille passe à travers un empilement de rouleaux métalliques polis, soumis à une forte pression et parfois à une chaleur supplémentaire. Cette pression rapproche les fibres les unes des autres, aplanit la surface et réduit la porosité du papier.

Moins de porosité signifie moins d’espace disponible pour le passage des graisses et des huiles. Il s’agit d’une solution purement physique : aucun revêtement, aucune barrière chimique, simplement des fibres suffisamment compactées pour empêcher les molécules de graisse de s’infiltrer.

Calandrage

Là où tout a commencé

Bien avant l’arrivée des rouleaux et de l’acier, les papetiers lissaient les feuilles à la main, en les martelant pour les aplatir ou en les pressant entre des plaques métalliques polies. Le procédé était lent et les résultats pouvaient varier d’un lot à l’autre.

Les papeteries modernes ont remplacé ce travail manuel par des systèmes de calandrage en continu. Les rouleaux sont généralement fabriqués en fonte ou en acier et présentent une légère forme bombée afin de répartir la pression de manière uniforme sur toute la surface de la feuille. Certains rouleaux sont également chauffés pour préserver l’épaisseur et la rigidité du papier pendant sa compression.

Papier calandré vs papier supercalandré : quelle est réellement la différence ?

C’est une distinction qui prête souvent à confusion :

  • Le papier calandré passe entre des rouleaux durs dans le cadre du processus de production standard : il ne s’agit ni d’une étape supplémentaire ni d’un traitement séparé. On retrouve généralement ce type de papier dans les secteurs de l’édition et de l’impression.
  • Le papier supercalandré, quant à lui, subit un second passage, plus exigeant. Il traverse une succession alternée de rouleaux durs et souples (des rouleaux en acier associés à des rouleaux recouverts de fibres), dans une unité dédiée après la phase de production initiale.

C’est ce passage supplémentaire qui confère au papier supercalandré une finition plus brillante, une surface plus lisse et, point essentiel dans notre cas, une meilleure résistance aux graisses. Il améliore également la qualité d’impression, car une surface plus régulière permet de reproduire des détails plus fins avec davantage de précision.

Papier calandré vs papier supercalandré

Papier calandré vs papier supercalandré

Chez Ecopack, une attention portée à ce niveau de détail guide précisément notre manière de sélectionner les matériaux d’emballage. Qu’il s’agisse de la structure des fibres, de la finition ou des propriétés barrières du papier que nous utilisons, nous analysons attentivement l’impact de chacun de ces facteurs sur les performances de la ligne de production et sur la qualité du produit une fois en rayon.

Pourquoi tout cela compte pour la durée de conservation

Tout cela ne constitue pas un simple détail du processus de fabrication. La capacité d’une feuille de papier à former une barrière contre les graisses est directement liée à la manière dont un produit de boulangerie, un aliment frit ou tout autre produit gras conserve son aspect et sa texture plusieurs jours après son conditionnement.

Un bon papier ingraissable empêche les aliments de devenir détrempés, évite la migration des graisses à travers le papier et contribue à préserver plus longtemps la texture, l’apparence et les qualités gustatives du produit.

Une dernière chose avant de partir

Voici un détail qui surprend beaucoup de personnes : le papier supercalandré n’est pas uniquement utile en cuisine. Sa structure dense et fortement compressée lui confère des propriétés diélectriques, c’est-à-dire qu’il résiste au passage du courant électrique.

C’est pourquoi le même papier conçu pour empêcher la pénétration des graisses est également utilisé comme matériau isolant dans certains composants électriques.

Un même matériau, deux applications totalement différentes.

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